À la Culotte : blog foot

Red Star : construire pour y croire

25 août 2013 par Jules dans Analyses, Articles

Laurent Fournier Red Star

Le Red Star a vraiment eu chaud au cul la saison dernière. Le club audonien a lutté pour sa survie en National jusqu’à la dernière journée. La situation était tellement désespérée qu’au soir de la 38e journée, face à Fréjus, tous s’en remettaient à un seul espoir : le maintien administratif, en attendant avidement le déclassement du Mans. Las ! au cours d’un match dantesque comme seules peuvent en produire ces rencontres couperet, un doublé de Mandrichi au finish a permis au Red Star de se maintenir en National. Voilà pour la fin de saison.

En général, quand on sort d’une saison galère comme celle-ci et qu’on doit son salut à la providence, on s’empresse de faire le nécessaire pour repartir du bon pied. Le club audonien ne démord pas de son objectif : retrouver la Ligue 2. Pour cela, il a besoin de maîtriser l’aléa sportif. Ou plutôt les grandes incertitudes, celles qui font qu’un club qui ambitionne la montée se retrouve en fin de saison à combattre pour des objectifs totalement inverses. Et cela tient en un mot : rigueur.

« Retrouver de la stabilité »

Pour stabiliser le club, les dirigeants ont opté pour une stratégie théoriquement payante : jouer la carte de l’expérience. Le tandem Laurent Fournier-Patrick Colleter a été appelé sur le banc de Bauer, « pour apporter la rigueur » que le président Patrice Haddad souhaite insuffler au club. Mieux, le club a décidé de maintenir en place le staff de la saison dernière, pour conserver des anciens joueurs historiques et réaliser l’union sacrée : Vincent Doukantie, l’ancien entraîneur, prend désormais en charge la réserve, tandis que Steve Marlet, ex entraîneur-adjoint, a été promu directeur sportif, en charge du recrutement et de la formation.

Sur le terrain justement, le Red Star a fait peau neuve en faisant justement le pari de l’expérience, des bons coups, et de la formation interne. Le recrutement se devait d’être malin, car le club audonien a laissé partir de nombreux cadres : Franck Queudrue, le patron de la défense, a pris sa retraite, tandis que Cédric Sabin, bien seul en pointe tout au long de la saison, n’a pas été conservé. D’autres joueurs n’ayant pas convaincu ont également fait leur valise, comme le jeune Pierre Gibaud ou Mickaël Despois.

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Le LOSC se relèvera t-il ?

16 mars 2013 par La team dans Analyses, Articles

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Longtemps adulé pour son modèle de gestion et son football offensif porté sur l’attaque placée, le LOSC galère pas mal cette saison en championnat, en coupes et en compétition européenne. Si de bons résultats sont récemment venus apaiser les tensions dans le club, on peut néanmoins s’interroger sur l’avenir de celui ci. Entre équipe saignée au mercato, finances tendues et nouveau stade, l'équilibre économique et sportif du club reste fragile pour les saisons à venir. Peut-on encore considérer le LOSC comme un club capable de venir jouer l’Europe ? Quelles seraient alors les solutions afin de permettre à celui ci de perdurer dans les premières places du championnat français ? Éléments de réponse.

Depuis le début de saison le club semble marquer le coup. Le départ d'Hazard cette saison fut clairement la fin d’un cycle, celui du « Barça du Nord », des chevauchées de Moussa Sow et de l'infaillibilité du duo Chedjou-Rami. Or, les Lillois viennent d’entrer dans un magnifique nouveau stade, et leur futur semble s’assombrir de plus en plus. Des cadres veulent partir à l’étranger (Mavuba, Chedjou, Basa), d’autres sont partis récemment (Debuchy et Landreau), et les finances sont en berne. Aucun repreneur ne s'est présenté pour investir et renouveler le projet et l’effectif lillois, accentuant une confusion qui n’est pourtant pas propre aux valeurs du club.

Il y a dix ans de cela, Claude Puel, le président lillois Michel Seydoux et l’ancien directeur sportif Xavier Thuilot, décidèrent de démarrer un nouveau projet prônant le beau jeu, le recrutement peu coûteux et l’éclosion des jeunes de la région. Le projet aboutira finalement au doublé coupe-championnat de 2011. Or, en décryptant bien les dires des dirigeants, et en allant discuter avec des responsables du club au risque de se faire rembarrer tel un vulgaire Olivier Tallaron, on peut se rendre compte que celui-ci ne s’est finalement pas déroulé comme prévu.

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Chelsea : le cimetière des attaquants ?

9 avril 2012 par Jules dans Analyses

Article adapté de « The Chelsea striker graveyard ? », initialement publié chez nos amis anglais de Backpage Football.

Depuis plus d’un an, Fernando Torres essuie les moqueries pour ses disettes répétées devant le but, la dernière en date ayant pris fin le 18 mars dernier après 24h de jeu effectif sans marquer. Mais l’Espagnol n’est pas le seul échec de Chelsea depuis l’ère Abramovitch, bien au contraire. Depuis que le milliardaire russe a repris les rênes du club londonien en 2004, une étrange malédiction frappe la majorité des attaquants recrutés par les Blues : buteurs prolifiques avant leur arrivée au royaume de Sa Majesté, ils se transforment en flops retentissants.

DES RATIOS ÉLOQUENTS

Depuis 2004, les Blues ont appliqué une politique de recrutement offensif somme toute classique, en achetant les attaquants parmi les plus prolifiques d’Europe. D’Andriy Shevchenko, énorme scoreur pour le Milan AC, à Adrian Mutu jusqu’à Nicolas Anelka, tous les attaquants de Chelsea se sont signalés par des stats pas dégueulasses avant de signer en Angleterre.

On voit ainsi qu’à leur arrivée à Stamford Bridge, Adrian Mutu et Mateja Kezman présentaient des statistiques stratosphériques : 1 but tous les 1,36 matchs pour le Serbe, 1 tous les 1,64 matchs pour le Roumain. Si l’Ukrainien doit céder les deux premières places du classement, ce n’est que parce qu’il lui était difficile de maintenir un tel ratio sur près de 300 matchs disputés avec les Rossoneri. A l’inverse, des joueurs comme Claudio Pizarro et Nicolas Anelka, en dépit d’une réputation flatteuse qui les poursuivait depuis quelques années, sont arrivés à Londres avec un ratio bien plus modeste.

Avec pareilles cartes de visite, les supporters des Blues pouvaient légitimement s’attendre à ce que ses attaquants continuent de briller sous le ciel anglais. Las ! à l’heure des bilans, la fortune de tous ces buteurs s’apprécie diversement :

Si l’on s’en réfère au seul nombre de buts marqués, Didier Drogba est de loin celui qui a le moins déçu les espoirs placés en lui. Avec un but tous les 2,16 matchs, mais surtout 150 unités facturées en 7 ans, l’Ivoirien a continué d’exprimer régulièrement le potentiel entrevu du côté du Vélodrome. De même, Nicolas Anelka, venu renforcer l’attaque des Blues en 2008, a poursuivi son ratio régulier pendant trois saisons.

A l’inverse, tous les autres attaquants du club londonien ont connu la panne sèche. Adrian Mutu, pour un nombre de matchs similaire, a tout simplement marqué deux fois moins de buts à Chelsea qu’à Parme. De même pour Shevchenko, passé de 173 à… 22 buts en deux saisons. Et que dire de Fernando Torres, à qui il faut désormais 10 matchs pour inscrire un but chez les Blues ?

Il y a pire. Aucun d’entre eux n’a été écarté par une longue blessure, et tous ont eu l’occasion de jouer et de marquer, certains comme Crespo et Shevchenko atteignant presque la barre symbolique des 100 matchs. Certes, moins pour les plus malchanceux, comme Mutu, Pizarro et Kezman, partis au bout d’une saison.

Ces flops revendus au terme de leur première saison invite à l’analyse économique : les dirigeants de Chelsea ont-ils perdu gros en misant sur ces buteurs qu’ils pensaient prolifiques ?

Quel doit être le coût maximal d’un but avant qu’un joueur soit déclaré surcoté ? La réponse est difficile. Toujours est-il qu’avec 150 buts, Didier Drogba a largement justifié son transfert, de près de 25 millions de livres à l’époque. A l’inverse, pour un transfert deux fois plus élevé, Fernando Torres a scoré 30 fois moins que l’Ivoirien, facturant chacun de ces buts chez les Blues à… 10 millions de livres. Une sacrée gabegie.

Un podium des flops commence ainsi à se dessiner en combinant les statistiques brutes devant le but et la plus (enfin, moins-) value que ces avants-centre ont apporté au club londonien. Toutes catégories confondues, Fernando Torres est bien pour le moment le pire échec de l’ère Abramovitch, suivi d’Adrian Mutu et d’Andriy Shevchenko, qui a eu la chance de pouvoir jouer 3 saisons et lisser d’autant les pertes qu’il a occasionnées à son club. De l’autre côté du spectre, des joueurs comme Pizarro, recruté en fin de contrat, et Kezman, arraché pour une bouchée de pain au PSV Eindhoven, ont permis aux Blues de rentrer dans leurs frais quand leurs buteurs se sont transformés en chèvres.

INTERROGATIONS TACTIQUES

Comment expliquer ces échecs retentissants ? Mauvais flair des recruteurs ? Difficultés psychologiques ? Mal du pays ? Malédiction ?

Si l’on regarde bien les tableaux précédents, on s’aperçoit que l’intégralité de ces attaquants sont des avants-centre, faits pour jouer en pointe ou sur une ligne de deux attaquants. Or, dès son arrivée, Mourinho a imprimé sa patte et laissé en héritage depuis le 4-3-3. Autant de centraux pour un seul poste a mécaniquement réduit leur temps de jeu effectif, forçant même certains joueurs à se rabattre sur l’aile, souvent pour le pire, parfois pour l’étonnant, à l’image d’un Anelka reconverti avec succès sur l’aile droite.

Or, la majorité de ces attaquants ont brillé parce qu’ils avaient un second attaquant à leur côté, jouant dans un autre registre. Avec Gerrard et Inzaghi, Fernando Torres et Shevchenko avaient un second point de fixation qui leur permettait de mieux exprimer leur talent au centre. Dans un 4-3-3, la construction offensive vient des ailes, l’attaquant devant se contenter au maximum de conserver le ballon et de convertir les caviars – souvent de la tête.

C’est l’une des raisons qui explique d’ailleurs le succès de Didier Drogba à Chelsea, parfait joueur de 4-3-3. Un succès qui explique en partie l’éclipse des autres attaquants. Avec plus de 300 matchs joués en 7 saisons, The Drog’ a laissé encore moins de chances d’éclore à ses partenaires déjà fragilisés par un manque de confiance, renforçant leur spirale négative. Un chemin qu’aurait peut-être pris Nicolas Anelka si l’Ivoirien ne s’était pas blessé une grande partie de la saison en 2008/2009, laissant le Français débiter les buts pour sa première saison chez les Blues.

TERMINUS À SAINT-PANCRAS

Reste à savoir quel effet durable a eu le moment Chelsea pour tous ces attaquants.

Par chance, le club londonien n’a pas été une voie de garage pour la majorité de ces attaquants. Pizarro, après une saison quasi blanche, a retrouvé ses stats d’antan au Werder Brême, et même plus. Idem pour Hernan Crespo, prêté à Milan lors de la saison 2004/2005. Adrian Mutu, quant à lui, a vécu des hauts et des bas, poursuivant sa dégression à la Juve, mais explosant tous les compteurs à la Fiorentina. Ce qui n’est pas le cas de Shevchenko, parti en prêt au Milan AC à 32 ans pour 2 petits buts sur toute une saison. Quant à Mateja Kezman… Le Serbe a eu des moments difficiles à l’Atletico Madrid, avant de connaître un léger sursaut à Fenerbahçe (30 buts en 67 matchs), puis de sombrer définitivement au PSG, au Zénit Saint Pétersbourg, en Chine et en Biélorussie. Pour une retraite définitive à 32 ans.

A l’heure actuelle, avec Torres, Drogba, Lukaku, Salomon Kalou, et Sturridge, Chelsea a trois avants-centre purs (les 3 premiers). Quand Didier Drogba prendra sa retraite ou déclinera sérieusement comme cela commence cette saison, que restera-t-il aux Blues ? Torres aura une pression de tous les diables et Lukaku devra se construire dans l’ombre de l’Ivoirien. Une équation pas facile pour le futur manager des Blues. A moins qu’il préfère recruter et prendre de nouveau le risque de générer un flop ?

Ils ont fait 2011 : de l’Uruguay à Zlatan

8 janvier 2012 par Jules dans Analyses

U comme Uruguay. Longtemps confinés au statut de troisième homme du continent sud-américain, les Uruguayens sont peut-être en train de faire trembler la Cordillère des Andes. Dotée d’une génération en or (Cavani, Suarez, Lugano, Forlan, Alvaro Pereira, etc.), la Celeste s’est adjugée cette année la Copa America. Les détracteurs objecteront que le Brésil et l’Argentine ont pris la compétition par-dessus la jambe, se faisant tous deux sortir en quarts de finale. Reste qu’après une Coupe du Monde 2010 de haute volée, les Uruguayens sont encore montés en puissance. Si le changement de génération s’opère comme il faut, le Brésil peut craindre qu’on lui vole la vedette chez lui en 2014.

V comme Robin Van Persie. 1er janvier 2011. Robin Van Persie, revenu de blessure, marque son premier but de la saison pour les Gunners. Le premier d’une longue série clôturée le 31 décembre dernier contre QPR. En moins de deux ans, Van Perso est devenu Van Persie, indéboulonnable titulaire de l’attaque d’Arsenal, couteau-suisse, commandant en chef des canonniers. Si Arsenal reste encore au contact des places européennes cette année, c’est grâce aux talents de buteur de l’Oranje offensif (17 unités facturées à la mi-saison). L’Euro 2012 se prépare à régaler.

W comme Amy Wambach. Été 2011. Le monde entier ainsi que la France, qui n’avait d’yeux que pour Gaëtane Thiney et Louisa Necib, se coltine l’Américaine Amy Wambach. Un choc. Expérimentée, l’attaquante Yankee a largement contribué à hisser les Girlz en finale de la Coupe du Monde de football féminin. Wambach y égale un record à la Gerd Müller, puisqu’elle est désormais la détentrice du record du plus grand nombre de buts en Coupe du Monde (13 en 3 participations). Une saison pleine récompensée par le trophée Associated Press de l’athlète féminine de l’année. ‘Tis all good !

X comme Xherdan Shaqiri. A chaque année sa jeune perle qui éclot. Invité surprise des huitièmes de finale de la Ligue des Champions, le FC Bâle doit en grande partie sa qualification à son milieu de terrain technique Xherdan Shaqiri. D’origine kosovare, le milieu de terrain helvète s’est offert une belle page de pub du côté de Trafford, confirmant les prestations de haute qualité aperçues en juin dernier lors du Championnat d’Europe espoirs, où la Nati s’est offert une finale (perdue) qu’elle doit aussi en partie à son chef d’orchestre. Le Barça est déjà sur les rangs.

Y comme Yaya Touré. On parle bien du même mec qui a regardé jouer ses petits camarades depuis le banc de touche à l’AS Monaco. On parle bien aussi du même mec qui a passé ses années barcelonaises au poste de milieu défensif à qui l’on demandait de faire jouer sa puissance et ses grosses cuisses. Et puis on parle bien du même redevenu ce grand échalas de milieu relayeur offensif, toujours là au second ballon pour gratter des buts et se payer des petites chevauchées fantastiques au milieu de David Silva et d’Aguëro. Ah oui, on parle aussi de celui qui a été nommé Joueur africain de l’année en novembre dernier. Devant André Ayew, la concurrence n’était pas trop difficile, mais devant Seydou Keita, ça veut dire quelque chose.

Z comme Zlatan Ibrahimovic. Cette année, Ibracadabra n’a pas vraiment brillé sur les terrains. Un championnat d’Italie glané, des buts en C1, mais rien de transcendant. Alors, le footballeur le plus détestable du XXIe siècle a eu une idée de génie : sortir une autobiographie, sobrement intitulée Moi Ibra. L’occasion pour la tige suédoise de filer quelques sidekicks à ceux toujours en place, spécialement son ancien entraîneur, Pep Guaridola. Morceaux choisis :

 « Mourinho illumine une pièce où il entre, Guardiola en ferme les persiennes. »

« Tu [à Pep Guardiola] n’as pas de couilles ! »

« Je conduis toujours comme un fou. Une fois, je suis allé à 325 kms/h et j’ai semé la police. J’ai fait tellement de choses folles que je préfère ne pas y penser. »

Retrouvez les autres rétrospectives : de A comme Alex Ferguson à E comme Edel Apoulade F comme Fenerbahçe à J comme l’équipe féminine du Japonde K comme Jürgen Klopp à O comme Olivier Giroud, de P comme PSG à T comme Fernando Torres.

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