À la Culotte : blog foot

On était à Charlton-Nottingham Forest et c’était pas ce qu’on nous a vendu

27 février 2013 par Jules dans On était à..., Reportages

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Il paraît qu’au pays de la mère patrie du football, on vibre jusqu’en League Two, aux tréfonds du football professionnel. En cette fin de mois de février à Londres, alors qu’Arsenal reçoit Villa et Queens Park Rangers Van Persie et sa bande, on est allés vérifier sur place, en D2 anglaise, à quoi ressemblait le ballon rond au pays de Sa Majesté.

Come on you Reds

A Londres, il y a une pelletée de clubs, le choix est vaste. Mais pour sentir l’âme du football anglais, celle qui a les joues rouges et sent le fish and chips, mieux vaut s’éloigner du centre de la capitale et mettre les voiles en périphérie, là où la Premier League est presque un lointain souvenir. Un peu plus à l’est que le quartier de West Ham se trouve le district de Charlton, ancienne ville désormais absorbée par le Grand Londres, et même vidée de sa substance. Des enfilades de maisons en briques rouges, un Charlton Kebap qui côtoie une Charlton Laundry, qui côtoie elle-même un Charlton Grill : on se croirait dans Billy Elliot.

Dans ce ter-ter un peu désert où le chemin pour aller au stade oblige à passer par une étroite rue pavillonnaire, la police montée apporte presque un peu de réconfort visuel et donne l’image d’un football anglais bien loin des poncifs hooliganesques dans lesquels les maintient la littérature sportive française. Certes, Charlton n’est pas le plus brutal des clubs anglais – rien à voir avec Millwall. Fondé en 1905, tardivement par rapport au gros du peloton de ses compatriotes, le club n’a jamais pesé sur l’histoire du football anglais et affiche un palmarès famélique : une FA Cup en 1947, un titre de champion de D2 en 2000, et de D3 la saison dernère. Mais, malgré la tristesse sportive, les Addicks cultivent une singularité qui les attache au club : jusqu’en 2008, un siège du conseil d’administration était réservé aux abonnés, qui pouvaient librement présenter leur candidature aux suffrages de leurs pairs. Pour des raisons juridiques, le système a été abandonné et remplacer par un forum de fans, qui a toujours pour but de faire entendre une autre voix.

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Axés Bauer

A l’heure où l’Île-de-France n’a d’yeux que pour le Paris-Saint-Germain sous pavillon qatari, ils sont une poignée à porter fièrement les couleurs du Red Star et à se battre pour la sauvegarde de son histoire. Plongée dans le football vrai, qui sent le graillon et la passion.

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Douze janvier, Saint-Ouen. Le mercure ne s’affole pas encore à la baisse, mais il fait froid et gris sur l’avenue Gabriel Péri, du nom d’un célèbre résistant communiste. Au loin, le plus grand marché aux puces d’Europe, meeting point de tout ce que Paris Nord compte de bobos. Derrière la mairie, une grand-rue serrée s’étend sur plusieurs centaines de mètres, encadrée par des enfilades de vieux garages, de bâtisses grises et de troquets. C’est devant l’un d’eux, l’Olympic de Saint-Ouen, qu’on retrouve une poignée de supporters. Posé en face du stade Bauer, le bouge sent l’anisette et les parties de fléchettes, et le football, à en juger les stickers collés partout, s’est arrêté pour lui peu ou prou à la chute du mur de Berlin. Ils sont là, à chaque match à domicile du Red Star, pour supporter le club audonien malgré la troisième division. Et s’ils sont autant présents malgré l’hiver glaçant, c’est qu’ils sont particulièrement soucieux : dans la lutte qui les oppose à la municipalité pour l’avenir du stade, les vœux de la maire, prononcés quelques jours avant Noël, ont sonné comme la piqûre de rappel que le combat était en passe d’être perdu.

En effet, le Stade Bauer est en piteux état. Construit en 1909 en plein cœur de la ville, il tombe en lambeaux et, malgré plusieurs rénovations d’urgence, peine à s’inscrire dans la durée. Il faut dire que le club n’a plus connu la Ligue 1 depuis 1975, et a perdu son statut professionnel en 2001. Difficile dans ce cas de rentabiliser les investissements faits par couches successives depuis l’après-guerre : malgré une capacité putative de 20 000 places et trois tribunes, deux sont presque toujours fermées, faute d’affluence.

Deux projets de rénovation

Pour libérer du foncier en centre-ville, la municipalité voudrait détruire Bauer et déménager le club aux Docks, un éco-quartier en bord de Seine, pour y construire un complexe sportif ultra-moderne de 25 000 places avec des commerces. La mairie juge en effet que l’insertion du stade dans le tissu urbain est trop forte, rendant impossible tout projet d’extension de sa capacité d’accueil, ce qui contraindrait le développement d’un club qui vise ouvertement la Ligue 2.

Ce n’est pas l’avis du Collectif Red Star, le groupe de supporters qu’on retrouve devant le rade en face de Bauer. Constitué depuis 2003, il juge que la destruction est la solution de facilité. Autour du stade, il existe des terrains en friche que la mairie pourrait utiliser ou acheter dans le cadre d’un plan de réaménagement urbain qui permettrait de rénover le stade, d’augmenter sa capacité d’accueil, tout en réaménageant le quartier afin de maintenir une infrastructure sportive en plein cœur de la ville.

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On a survécu à Saint-Marin – Moldavie

Hier soir, alors que la France du foot avait les yeux braqués sur Espagne-France, un autre gros match se déroulait dans l'intimité de la charmante ville de Serravalle : Saint-Marin – Moldavie. Volontaires, un peu fous sur les bords, et totalement masochistes, SeriousCharly, AlexCariou et vos serviteurs ont regardé et livé le match pour vous. Séance de rattrapage d'une expérience gonzo-footballistique pour l'heure sans séquelles.

Pour visualiser le live, cliquez ci-dessous.

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On était à New York Red Bulls – Toronto FC

30 septembre 2012 par Jules dans On était à..., Reportages

Septembre, c’est l’aube de la saison en Europe, mais déjà son crépuscule en MLS. A quelques journées de la fin, le New York Red Bulls recevait ce soir le mal classé Toronto pour un match très important dans la course aux play-off. Au pays du basket et du base-ball roi, on est allés voir ce que ça donnait niveau ballon rond. Et puis aussi pour revoir jouer Thierry Henry sous la liquette de la franchise new-yorkaise, ce qui ne nous était plus arrivés depuis l’Emirates Cup 2011. Récit.

En toute franchise, personne ne va à New York pour voir un match des Red Bulls. Non pas que l’équipe de Titi Henry soit dégueulasse à voir jouer mais, biberonnés à un football européen largement supérieur à ce que pourra jamais produire la MLS – no offense, guys –, on cherche avant tout le dépaysement sportif. Sauf qu’en cette fin du mois de septembre, la saison de basket n’a pas encore démarré, et que la place la moins chère pour un match de football américain coûte aussi cher qu’une comédie musicale à Broadway.

Alors va pour le football. Les Red Bulls sont bien classés en Conférence Est, et entrent dans le sprint final qui leur permettra de bonifier leur classement en vue des play-off. Cette année, la MLS sera peut-être à eux. Après la finale perdue de 2008 et l’élimination l’année dernière en quarts, les Red Bulls réussiront peut-être à passer le cap. Et puis, en face, les Canadiens de Toronto étant derniers de la Conférence Est, cela peut valoir le spectacle…

Tailgating et show à l’américaine

Pour se rendre à la Red Bull Arena, on se transforme en parfait petit commuter. Arrivés au World Trade Center, on longe les immenses bâches bleues, imposant voile pudique sur la catastrophe de la décennie, et on s’engouffre dans le PATH, sorte de RER à la new-yorkaise. Oui, au pays de l’Oncle Sam, seuls les clubs de basket et de base-ball jouent dans la ville. Direction Newark.

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